Ibeyi

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Deux visages qui se ressemblent, deux voix qui s’entrelacent, des percussions, un piano, quelques beats électro et c’est tout… Enfin, presque. C’est presque rien et c’est TOUT à la fois. Derrière cette musique dénudée, vierge de déjà vu, de déjà entendu, il y a bien plus que ça, ce quelque chose d’à peine palpable, qui ne s’exprime pas immédiatement, mais qui se dévoile peu à peu, comme un secret susurré à notre oreille. Sur la scène, Lisa-Kaïndé au piano et Naomi au cajon, les deux soeurs jumelles d’Ibeyi, n’ont besoin de rien d’autre que de l’harmonie de leurs voix pour dérouler l’histoire, la leur, qui s’articule autour de ces morceaux multicolores, parfois teintés d’Afrique, parfois bigarrés comme les ruelles de La Havane, et presque toujours illuminés par la spiritualité.


Derrière la simplicité se cache bien plus que deux gueules d’amour qui poussent (fort bien) la chansonnette. Il y a une empreinte multiculturelle affirmée et tangible, sans doute un peu déstabilisante au départ, mais qui fait l’âme d’Ibeyi. Nées d’une mère vénézuélienne et d’un père cubain disparu très tôt, Lisa-Kaïndé et Naomi grandissent à Paris. Leur père n’est autre qu’Anga Diaz, reconnu comme l’un des meilleurs percussionnistes de sa génération, virtuose du jeu à 5 congas. Elles naissent et vivent à Cuba les 2 premières années de leur vie.

Et puis, à cette double culture s’ajoute la tradition Yoruba, omniprésente dans l’univers des jumelles. Ibeyi signifie jumeaux en Yoruba. (Pour la petite histoire, c’est dans le peuple Yoruba que le taux de naissances gémellaires est le plus élevé, avec 45 naissances pour 1000…). Les Yorubas, présents vers le delta du Niger, ont été largement touchés par l’esclavage, d’où leur forte présence à Cuba. Pendant la traite négrière, les Yorubas ont dû renoncer à leurs traditions animistes et se convertir au christianisme. Mais les croyances ne s’envolent pas si facilement, et c’est de cette fusion entre la culture Yoruba et le christianisme qu’est née la Santeria chère au coeur d’Ibeyi, dans laquelle les divinités Orishas sont honorées par des chants sacrés, ces chants qui ponctuent l’album d’Ibeyi.


Cet album est comme une histoire cadencée par les rythmes qui les ont bercées, comme un conte ancestral qu’on raconte en musique pour transmettre le savoir, comme un gospel un peu vaudou qui tend vers le Sacré. Cela crée une ambiance intimiste et mystérieuse, on croirait presque par moment être invité à un rite initiatique, dont on ressort un peu sonné. Ce sont toutes ces influences culturelles, musicales et familiales qui font d’Ibeyi un duo si singulier, qui ne nous donne pas seulement à entendre, à écouter, mais aussi à pressentir quelque chose de beaucoup plus viscéral. Signées par le label indépendant anglais XL Recordings ( Adele, The White Stripes, Prodigy entre autres pépites…) les deux petites soeurs de 20 ans semblent toutes promises a un bel avenir artistique.Elles entament une tournée en Europe, aux Etats-unis et au Canada de plus de 40 dates, et seront de retour en France aux dates suivantes:

16/04/2015: La gaîté à Paris 25/04/2015: MJC Antipode à Rennes 26/04/2015: Cabaret Vauban à Brest 28/04/2015: La Sirène à La Rochelle 29/04/2015: Le Fuzz’YOn à La Roche-Sur-Yon 30/04/2015: La Luciole à Alençon 24/05/2015: La Passerelle à St Brieuc 01/07/2015: La Philharmonie de Paris …

Article écrit par julie
julie@lezartsenscene.fr

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